
Comme attendu, Klarna s’apprête à entrer en bourse sur le New York Stock Exchange, avec selon les informations de Bloomberg un objectif de levée d’un milliard de dollars et une valorisation estimée à quinze milliards de dollars. Cette introduction intervient après une phase de stabilisation de l’entreprise, dont la valorisation avait atteint un sommet de 45,6 milliards de dollars en 2021 avant de s’effondrer à 6,7 milliards en 2022, sous l’effet de la remontée des taux d’intérêt et du durcissement des conditions de financement des fintechs. Depuis, Klarna a progressivement redressé sa situation et affichait une valorisation de 14,6 milliards en 2023 lors d’une opération en secondaire souscrite par Manhattan Ventures Partner.
Fondée il y a vingt ans à Stockholm, Klarna s’est imposée comme un acteur central du Buy Now, Pay Later, un modèle qui séduit particulièrement les nouvelles générations. Les Millennials et la Gen Z privilégient les paiements fractionnés aux cartes de crédit traditionnelles, attirés par l’absence d’intérêts et la simplicité d’utilisation. Klarna leur offre une expérience avec des paiements en un clic et une transparence totale sur les coûts, dans un contexte où les consommateurs veulent continuer à se faire plaisir tout en maîtrisant leur budget. Avec 85 millions d’utilisateurs et un réseau de 600 000 partenaires marchands, la société a joué un rôle structurant dans l’évolution des paiements numériques.
Depuis son dernier tour de table, Klarna s’est mis en ordre de bataille pour préparer au mieux sont IPO. Les résultats financiers récents traduisent une dynamique de redressement. Au premier semestre 2024, Klarna a dégagé un bénéfice opérationnel ajusté de 673 millions de couronnes suédoises (SEK), soit environ 59,9 millions d’euros (€), contre une perte de 34 millions un an plus tôt. Son chiffre d’affaires s’est établi à 13,27 milliards de couronnes suédoises (SEK), soit environ 1,18 milliard d’euros (€), en progression de 27 % sur un an. Ce retour à la rentabilité s’explique par une discipline accrue sur les coûts et une rationalisation de ses opérations, notamment par la cession de portefeuilles de prêts au hedge fund américain Elliott. L’entreprise s’est également engagée dans une transformation en profondeur de son infrastructure technologique, après avoir pris conscience de l’inefficacité de son empilement de solutions SaaS.
Jusqu’à l’an dernier, Klarna utilisait près de 1 200 applications SaaS provenant de plusieurs centaines de fournisseurs, un enchevêtrement qui freinait son efficacité opérationnelle et complexifiait l’intégration de l’intelligence artificielle. Dans un fil de discussion publié en mars 2025 sur X, Sebastian Siemiatkowski a révélé que l’entreprise avait entrepris un ménage radical en supprimant certaines solutions phares comme Salesforce et Workday, remplacées par une infrastructure interne construite autour de la base de données graphique Neo4j. Seules quelques exceptions ont été faites, comme l’adoption de Deel pour la gestion des ressources humaines et le maintien de Slack, toujours lié à l’écosystème Salesforce.
Cette consolidation technologique vise à supprimer les silos de données, améliorer l’intégration des processus et réduire les coûts. Et Klarna ne se contente pas d’optimiser son fonctionnement ; elle prépare son infrastructure à un futur où l’intelligence artificielle jouera un rôle central dans la gestion des paiements et la personnalisation des offres de crédit. En misant sur une stack technologique unifiée, elle entend maximiser l’exploitation des données et développer une approche proactive de la gestion des risques.
L’initiative de Klarna illustre la problématique à laquelle sont confrontées de nombreuses fintechs en hypercroissance. Nombre d’entre elles s’appuient sur une multitude de solutions SaaS pour accélérer leur mise sur le marché, avant de se retrouver confrontées aux limites de cette fragmentation. Klarna a choisi d’opérer un virage stratégique en internalisant ses capacités technologiques, à l’image de Revolut, Nubank et Stripe, qui ont dès le départ développé des infrastructures propriétaires.
La documentation de l’IPO devrait être déposé dans le courant de la semaine prochaine pour une introduction en bourse courant avril, affaire à suivre!
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